L'utopie (néologisme de l'écrivain anglais Thomas Moore), synthèse des mots grecs οὐ-τοπος (lieu qui n'est pas) et εὖ-τοπος (lieu de bonheur) est une représentation d'une réalité idéale et sans défaut.
Cela se traduit, dans les écrits, par un régime politique idéal (qui gouvernerait parfaitement les hommes), une société parfaite ou encore une communauté d'individus vivant heureux et en harmonie. Une utopie peut désigner également une réalité difficilement admissible: en ce sens, qualifier quelque chose d'utopique consiste à le disqualifier et à le considérer comme irrationnel.
Le terme d'utopie qui est utilisé ici, dans l'intitulé de cet article, porte avant tout sur la nécessité de mesurer l'écart entre volonté politique et projet(s) collectif(s).
Avant toute chose, il convient de présenter et d'expliquer le concept d'épicerie sociale et /ou solidaire . Cette présentation est issue du site internet de l'ANDES: http://www.epiceries-solidaires.org/
Les épiceries solidaires apportent une aide matérielle, principalement alimentaire, à un public en difficulté, fragilisé ou exclu.
Dans des espaces aménagés en libre-service, l’épicerie solidaire met à disposition de ses usagers des produits variés et de qualité, moyennant une faible participation financière (autour de 20% du prix usuel). Le principe de l’intervention vise à promouvoir l’autonomie et la dignité des personnes.
L’ambition des épiceries solidaires est de faire d’une offre alimentaire la plus proche possible des circuits de consommation traditionnels une clé d’entrée vers une réinsertion durable. Les économies réalisées sur les dépenses alimentaires permettent aux usagers de consacrer une part de leur budget à l’amélioration de leur vie quotidienne. L’accès aux épiceries est souvent lié à un projet (réparer sa voiture pour pouvoir continuer à travailler, offrir des vacances ou des sorties à ses enfants…) qui donne une valeur positive et dynamique à une démarche difficile : celle de demander de l’aide.
L’offre alimentaire est un maillon d’une action solidaire plus étendue : les épiceries sont des lieux d’accueil, d’écoute et de partage, aidant les personnes à retrouver, ou à renforcer, l’estime d’elles-mêmes et l’envie de se tourner vers le monde extérieur.
Chaque épicerie accueille en moyenne 100 foyers : l’accès est validé en fonction de critères socio-économiques, familiaux (compositions des foyers), ou bien compte tenu de difficultés ponctuelles. Il s’agit de répondre non seulement aux situations de longue précarité, mais aussi d’offrir à des personnes connaissant une difficulté financière passagère (perte d’un emploi, période d’attente des allocations, déséquilibre budgétaire temporaire) un « coup de pouce » qui leur évitera des difficulté plus graves.
Les personnes sont orientées vers les épiceries par les travailleurs sociaux, les services sociaux municipaux et les associations partenaires.
Les épiceries solidaires et sociales sont crées avec le concours:
de partenaires publics: les Villes, les CCAS, CAF, les Conseils Généraux…
de partenaires associatifs: le Secours Catholique, la Croix-Rouge, le Secours Populaire, Emmaüs… et les associations locales.
Une épicerie sociale est municipale, donc essentiellement financée par le CCAS.
Les épiceries solidaires procèdent d’un regroupement d'individualités et d'associations ; elles font appel à des financements croisés.
Projet de création d'une épicerie sociale au sein du SIVOM (page 5)
http://houches.fr/organismes_intercommunaux/RAPPORT%20D'ACTIVITE%202006_2007_SIVOM.pdf
Projet d'épicerie sociale inclus dans le programme municipal d'élection de Mr FOURNIER
Annonce aux vœux du maire d'un projet d'épicerie sociale
Deux occurrences dans les bulletins municipaux de janvier et décembre 2009
- « il est prévu de déplacer le centre de téléformation de la rue Louis LACHENAL vers
d’autres structures. Actuellement, deux sites sont à l’étude. Cette salle pourrait être
mise à disposition pour la création d’une épicerie sociale intercommunale au regard
des besoins recensés par les partenaires sociaux ». BM n°1
- « La politique de solidarité soutiendra les associations d’aide à domicile, l’ouverture d’une épicerie sociale, le fonctionnement de la Maison Médicale et la coordination des politiques enfance et jeunesse » BM n°3
Les habitants les plus précaires de Chamonix vivent en 2010 cet utopie chamoniarde. Énormément de promesses, en public et/ou par écrit pour arriver à un constat identique à celui des années précédentes: un monopole généralisé des magasins « Payot-super U » ainsi que les magasins Casino, une entente (supposée) sur les prix, des fluctuations de ceux-ci en fonctions des saisons,...
En 2007, un collectif de travailleurs sociaux a mis en place un projet en direction des habitants, à leur demande, sous condition de ressource pour les prendre en charge et tenter de réduire la place de l'alimentation dans leur budget. Il s'agissait de partir de Chamonix en camion vers le magasin discount de Sallanches, pour la somme de deux euros AR. Un rapide calcul a permit d'établir que le prix du caddie baisserai de 20% environ.
D'une quinzaine de famille (40 habitants de tous âges), le projet a aboutit à l'accompagnement de seulement 4 familles...`
Pourquoi? Il a fallu un an et demi de tractations diverses entre établissements, institutions et municipalité pour:
- avoir un chauffeur (animateur, éducateur,...), un véhicule
- aller faire des courses et échanger avec des habitants sur leurs difficultés,
- discuter avec eux, échanger pendant le temps de transport et des achats,
- évoquer avec eux des pistes de remobilisation.
Cet écart entre le moment de la demande d'habitants et la réalisation de ce projet a causé la dilution du nombre de personnes concernées et impliquées. Les partenaires ont éprouvé des difficultés à trouver des temps de travail commun dans l’élaboration du planning et des échéances.
Conséquence, peu de personne qui utilisent ce service, donc disparition du service...Tout simplement...
Pendant ce temps, la précarité à Chamonix gagne du terrain. Loin du train train gagne pain de la saison se cachent des familles qui peinent à joindre les deux bouts. Les services sociaux départementaux ou municipaux se retournent alors vers les promesses municipales: ouvrir une épicerie sociale...le serpent de mer de la politique municipale...
Tout d’abord, l'usager doit s' inscrire et apporter ses documents officiels : revenus des assédics pour les ass ou la caf pour le rsa (rmi avant) ; les charges, feuilles d’imposition, justificatif de domicile afin de vérifier que vous pouvez "bénéficier" de ce genre d’épicerie dite "sociale". Puis, lorsque votre pauvreté a été reconnue, il vous faut commencer par payer une adhésion, souvent quelques euros nécessaires...
Une bonne partie des produits sont souvent identiques à ceux distribués par les restos du coeur, des restes et/ou des dons des supermarchés ou de la banque alimentaire ; aucun légume ni fruit frais, très peu de produits d’hygiène et absolument rien pour les animaux de compagnies. Les produits mis à disposition et vendu sont très souvent en date limite d'utilisation optimale (DLUO), soit des produits qui ne trouvent pas leur place dans les circuits de distribution normaux mais qui conviennent tout à fait aux pauvres...Les organismes dits "sociaux" servent-ils uniquement à vider les poubelles des aliments industriels distribués par les supermarchés ?? Leur rôle est-il donc uniquement de faire les poubelles à notre place et de nous faire payer pour cela ?
Les solutions pour remédier à la pauvreté, à la précarité et à l'exclusion sont d'ordre solidaire et non politique. Il n'existe pas à Chamonix, ni très peu ailleurs, de groupe de réflexion d'usager des services sociaux ou associatif. Pourtant quand ils existent, ces groupes « accouchent » d'expériences diverses et multiples, tels les jardins collectifs ou les groupement d'achat de denrée.
En définitive,organisons nous, créons des syndicats de pauvres, ou tous ceux qui se sentent pauvres pourront venir...
les Politiques de la Haute Vallée de l'Arve ne nous attendrons pas.
Faisons vivre l'utopie de la solidarité.
Du nouveau à Chamonix....
Recu ce jour dans la boite aux lettres, l'annonce que "la création et la gestion" d 'une épicerie sociale fait partie des compétences de la nouvelle communauté de commune...
Par contre, ni date, ni lieu, ni projet...Rien de neuf quoi, si ?...
En image : le 115 débordé (pays de savoie)
http://www.dailymotion.com/video/xbrutn_le-115-débordé-pays-de-savoie